20 octobre 2017

La censure politique sur le net

Tout sur les silences du web

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Egypte

Nom de domaine : .eg
Population : 75 440 000
Internautes : 6 000 000
Prix moyen d’une heure de connexion dans un cybercafé : environ 0,15 ct d’euro
Salaire mensuel moyen : environ 40 euros
Nombre de fournisseurs d’accès privés : 208
Nombre de fournisseurs d’accès publics : 1
Nombre de blogueurs emprisonnés : 1




Le contrôle d'Internet

Le marché compte plus de deux cents fournisseurs d’accès à Internet. Chaque point d’accès public peut fournir Internet en proposant un numéro de téléphone pour se connecter par un modem. Malgré les efforts du gouvernement pour rendre les ordinateurs plus abordables depuis 2002, l’accès au réseau reste limité.


Le Web est devenu l’espace d’expression que les médias traditionnels ne sont pas, bâillonnés par la politique gouvernementale. Pour le contrôler, une nouvelle loi sur la régulation d’Internet a été adoptée durant l’été 2006. Elle donne la possibilité aux autorités de « bloquer, suspendre ou fermer tout site Internet susceptible de représenter une menace pour la “sécurité nationale“ ». Depuis début 2007, le gouvernement a renforcé la surveillance de la Toile pour lutter contre le terrorisme et des officiers sont chargés de veiller au trafic des informations sur le Web. Les cybercafés doivent obtenir une licence du ministère des Télécommunications sous peine de fermeture. Certains propriétaires de cybercafés ont même affirmé qu’ils avaient reçu l’ordre de relever et d’archiver le numéro de carte d’identité de tous leurs clients.

Trois organismes gèrent l’Internet égyptien : le Centre d’information et de décision - qui conseille également les autorités dans les domaines socio-économique et politique -, le Conseil suprême des universités - car le réseau Internet a d’abord été développé pour faciliter les échanges d’informations dans le milieu universitaire - ainsi que la société nationale de télécommunications Telecom Egypt, qui possède l’un des fournisseurs d’accès les plus importants du pays TEData.

 
 

Une blogosphère militante et harcelée

La blogosphère est née avec les mouvements appelant au changement politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2005. Des militants de divers partis politiques d’opposition ont défilé dans les rues pour demander le départ du président Hosni Moubarak. Aucun média officiel ne couvrait ces événements. Les blogueurs ont pris le relais en prenant des photos ou des vidéos. Les blogs sont aujourd’hui considérés comme une source d’informations à part entière. En janvier 2007, le journaliste Wael Abbas a diffusé des vidéos montrant des policiers qui torturaient des détenus. Ces images ont servi de preuve dans un procès qui a abouti à la condamnation de l’un des officiers à trois ans de prison. C’était la première fois depuis vingt ans qu’un tel événement se produisait.

Le Web est peu filtré, mais les autorités surveillent surtout les publications touchant à la politique et à la religion. En 2007, une dizaine de blogueurs ont été arrêtés, détenus arbitrairement et sans charge pour avoir publié des articles critiques envers le gouvernement ou l’islam sur leurs blogs. Certains se sont vu confisquer leur ordinateur, d’autres ont été victimes de procédures judiciaires engagées par les autorités. Par exemple, le 22 février 2007, Abdel Kareem Nabil Suleiman , dit « Kareem Amer », a été condamné à trois ans de prison pour « insulte au président » et un an pour « incitation à la haine de l’islam » en raison d’un commentaire laissé sur un forum Internet jugé trop critique envers le gouvernement. Il est devenu le symbole de la politique de répression menée par les autorités envers les blogueurs dans le monde arabe. Il a été le lauréat du Prix Reporters sans frontières - Fondation de France dans la catégorie "cyberlibertés" en 2007.


Malgré ce contrôle et cette répression, l’Egypte accueillera en 2009 le Forum sur la gouvernance d’Internet (IGF), organisé par les Nations unies, qui fixe les orientations de la politique relative à la société de l’information.