27 juin 2017

La censure politique sur le net

Tout sur les silences du web

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Tunisie

Nom de domaine : .tn
Population : 10 215 000
Internautes : 1 295 000
Prix moyen d’une heure de connexion dans un cybercafé : entre 50 cts et 1 euro
Salaire mensuel moyen : 310 euros
Nombre de fournisseurs d’accès privés : 5
Nombre de fournisseurs d’accès publics : 7
Nombre de blogueurs emprisonnés : 0


Le contrôle d'un Web en extension

Le Réseau s’est sensiblement étendu, passant d’un taux de pénétration de 1 à 9,3% de la population en cinq ans (2001- 2006). En 2007, près de 6 000 sites Internet étaient recensés en Tunisie. S’il existe aujourd’hui dans le pays près d’une douzaine de fournisseurs d’accès à Internet, l’opérateur Planet.tn, propriété de l’une des filles du président Ben Ali, continue de détenir la plus grosse part de marché.

De nombreux sites d’opposition au pouvoir sont bloqués par les autorités. Depuis qu’il a publié, en février 2007, des articles du journaliste tunisien Taoufik Ben Brik très critiques envers le Président, le site du quotidien français Libération est inaccessible. Les responsables du journal en ligne Kalima, dont la version imprimée est interdite, font régulièrement l’objet de mesures répressives, allant de simples tracasseries administratives à des menaces.

Le filtrage des sites Internet est une pratique répandue face à la popularité du cyberespace auprès des Tunisiens. Les 281 « Publinets » - accès publics à Internet - sont les lieux privilégiés des 18-25 ans. Les sites les plus connus en matière de défense de droits de l’homme ainsi que les principaux proxies sont inaccessibles. Le site Internet de partage de vidéos Dailymotion a également été bloqué en avril et en septembre 2007.  Les connexions privées de certains journalistes et opposants sont coupées pour "des problèmes techniques" ou alors, leur débit est diminué afin d’augmenter le temps de téléchargement des pages Internet et réduire ainsi leur capacité à consulter des sites. Ces procédés découragent petit à petit la blogosphère, qui ose moins critiquer la politique du gouvernement.

L’avocat et défenseur des droits de l’homme Mohammed Abbou a été libéré en 2007 après avoir passé près de trois ans derrière les barreaux pour avoir publié un article sur Internet dans lequel il comparait les tortures infligées à des prisonniers politiques en Tunisie aux exactions des soldats américains à Abou Ghraib, en Irak. Les menaces à son encontre n’ont pas disparu pour autant et, dans leur volonté de contrôler la diffusion des informations, les autorités lui ont refusé la sortie du territoire en avril 2007.



Une surveillance généralisée

Un arsenal de consignes s’ajoute au filtrage systématique des sites d’opposition. Les cybercafés sont surveillés. Selon la loi tunisienne, leurs gérants sont responsables des activités de leurs clients et il est parfois nécessaire de présenter une pièce d’identité pour se connecter dans un café. Il n’est pas rare non plus que leurs propriétaires demandent de ne pas naviguer sur certains sites jugés “subversifs”. Une consigne le rappelle d’ailleurs clairement sur les murs des cybercafés.

http://www.youtube.com/watch?v=eT7YjGjTOZ0